Le Garçon sort de l’ombre – Théâtre de Poche – Montparnasse
Famille en chute libre
Il n’y a pas plus difficile exercice que celui de parler de ses propres pièces, car (comme le dit Jean-Michel Ribes) tout ce que j’ai voulu dire, je l’ai déjà écrit, et Le garçon sort de l’ombre, ma deuxième pièce, a maintenant plus de deux ans. Je serais d’ailleurs bien incapable de l’écrire aujourd’hui ; tant mon rapport au monde, à la famille, aux femmes, aux hommes, à la jeunesse et au théâtre a évolué.
Il est vrai, quand j’ai commencé le travail d’écriture, je n’avais aucune idée que cela deviendrait un jour mon métier. Je voulais simplement m’écrire le rôle que personne ne me proposait ! (Puisque refusé à tous les concours des écoles supérieures !…) C’est donc en quelques séances d’écriture, poussé par une rage incontrôlable et un besoin impérieux de travailler, que je m’y suis attelé ! J’avais lu et même joué au conservatoire du 15e arrondissement de Paris les pièces Grande école de Jean-Marie Besset et L’Éveil du printemps de Frank Wedekind, qui parlent toutes les deux également des passions dévorantes de la jeunesse, de ses paradoxes et de son impossibilité d’exister pleinement dans des sociétés qui laissent rarement une deuxième chance aux égarés et aux rêveurs…
J’avais très envie de parler de ces années si précieuses où tout se construit et où tout peut se détruire à jamais en une fraction de seconde. Ces années où le corps est sans arrêt mis à l’épreuve, où la frénésie du sexe et la peur de la vie deviennent la principale préoccupation des garçons, je crois… L’histoire de ce garçon, c’est aussi le portrait d’une famille démunie, morcelée, en chute libre. Jean, insomniaque, livré à lui-même, a déjà tout perdu, son père, son frère et sa confiance dans le système scolaire. Il ne lui reste que sa mère, chômeuse qui passe son temps à fumer et regarder la télé. Une pieuvre en somme, insupportable et destructrice, qui donne la vie, fait tout pour la reprendre et qui attend que son fils la sauve de son état de léthargie. Vous l’aurez compris, la pièce parle de la jeunesse d’aujourd’hui, celle qui n’arrive pas à se défaire du rêve de ses parents pour soi, et qui est empêchée par une vision pessimiste et défaitiste de la vie.
Lors de la création, nous avions au Théâtre des 13-vents (CDN Languedoc-Roussillon) une scène de douze mètres d’ouverture, au Théâtre de Poche nous n’en avons que la moitié. Mais je crois qu’il n’y a pas plus beau lieu pour exercer son art. Car comme le disait André Gide : « L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté. » (Régis de Martrin-Donos)
Spectacle créé en octobre 2011 au Théâtre des 13-vents, CDN Languedoc-Roussillon Montpellier
Le texte du spectacle est édité par L’avant-scène théâtre, dans la Collection des quatre-vents
Production Théâtre de Poche-Montparnasse
Le Garçon sort de l’ombre
De Régis de Martrin-Donos
Mise en scène de Jean-Marie Besset
Avec Virginie Pradal, La Mère, Sylvain Dieuaide, Le Fils, Sophie Lequenne, La Fille (en alternance), Chloé Oliveres, La Fille (en alternance) et Marc Arnaud, Oliver
A partir du 14 mai 2013
Du mardi au samedi à 21h
Le dimanche à 15h
Tarifs : de 10 € à 35 €
Durée : 1h40
Théâtre de Poche – Montparnasse
75, boulevard du Montparnasse
75006 Paris
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