Volmir Cordeiro époustouflant
Inês De Volmir Cordeiro Du 4 au 6 décembre 2104 La Ménagerie de Verre |
Du 4 au 6 décembre 2104
Bluffant! Volmir Cordeiro est tout bonnement époustouflant sur la scène de la Ménagerie de verre avec son dernier spectacle, “Inês”, et ce n’est en rien exagéré que de se lancer dans un tel dithyrambe. On adore! Explications Dès son arrivée sur scène il déstabilise, jouant du décalage entre une musique brésilienne endiablée au volume indécemment élevé et son pas digne et posé. Il quadrille la scène lentement, comme le ferait une statue grecque douée de vie, enveloppée d’un drapé classique entièrement revisité. Cette courte introduction suffit pour nous projeter dans l’univers de Volmir Cordeiro, de changer d’espace temporel. Et lorsque la musique s’arrête et qu’il ne reste plus que le son des projecteurs, il raconte, à la manière du Chœur dans le théâtre grec. Face au public qu’il électrise et fascine, il livre l’histoire d’Inês, l’attraction instinctive qu’a exercée sur lui cette chorégraphe. “Un jour, j’ai croisé cette femme qui s’appelle Inês. Il ne me suffisait pas de la regarder, je voulais surtout m’approcher d’elle. Immédiatement, j’ai commencé à me reconnaître en elle. J’ai quitté mon rôle de regardeur et j’ai commencé à vivre avec cet être de chair. Il ne m’a pas suffi de la capter, il m’a fallu l’avaler.” Il y a du charnel, du sexuel, de l’abandon, de l’enfantin dans tout cela. La danse, un regard intérieur Mais c’est à ce moment qu’il se rend aveugle avec deux bandes de scotch noir sur ses yeux, et qu’il cède la place à l’expression corporelle. Il incarne son texte, le vit, le traduit dans sa chair. Il y a quelque chose de chamanique dans cette danse qui rime avec transe. Le voilà porté par une musique intérieure que l’on finit par entendre, il suffit à notre tour de se laisser porter. Parfois, le jeu de l’éclairage le dédouble créant un dialogue avec son ombre. Et au fur et à mesure, il est absorbé par la pénombre, se fond avec l’obscurité. On le suit au rythme de ses pas jusqu’à ce qu’il s’échappe par une porte dérobée. Fin du spectacle. Le secret de Volmir Cordeiro est certainement le plaisir qu’il prend à transmettre une histoire comme un conte, aussi bien au son des mots qu’au rythme du corps. Il est “propriétaire de ses mots, a sa propre syntaxe”, tout comme Inês, son double. Il est au croisement de la performance, de la danse, du théâtre, incarnant ce que l’on attend aujourd’hui de l’art : qu’il fasse tomber les frontières. Stéphanie Pioda [Photo : Portrait de Volmir Cordeiro par Fernanda Tafner – Photo du spectacle par Margot Videcoq] A découvrir sur Artistik Rezo : |
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