The Interrogation de Milo Rau : un récit de soi d’Edouard Louis sur la scène théâtrale
© Michel Devijver
Un jeune homme, aux cheveux courts vêtu d’un sweat à capuche blanc, s’assoit devant la caméra. Un autre, lui ressemblant, commence à parler à travers l’écran qui surplombe le plateau. C’est ainsi, par une scène de mise en abyme, que le public entre dans le récit d’Edouard Louis, jeune auteur français.

© Michel Devijver
Nous retrouvons ici pas mal d’éléments multimédia intégrés dans la mise en scène de Milo Rau comme d’habitude : caméra, écran et projection… Il s’agit en réalité d’une façon de narrer à travers le temps. Milo Rau nous emmène au passé d’Edouard Louis, avec comme trace des vidéos de là où il vient, c’est-à-dire de la souffrance face au rejet de sa petite ville homophobe et de sa famille dominée par la masculinité.
La création d’un moment de mise en abyme et d’une scène de dialogue entre l’auteur dans la vidéo et le comédien qui l’interprète sur le plateau correspond d’ailleurs parfaitement au titre, on y voit comme une interrogation entre le théâtre et le réel, un dialogue entre le passé et le présent. Et en même temps, la caméra face au comédien flamand Arne de Tremeriela réussit à capturer tous les détails de son interprétation talentueuse. La vidéo permet d’établir en direct une forme d’interview au sein d’un spectacle, dans laquelle le rôle nous montre toute l’honnêteté de son vécu.
Dans ce texte cosigné par Milo Rau et Edouard Louis, nous remarquons facilement l’utilisation d’un vocabulaire le plus simple et le plus accessible possible, avec tout de même une profondeur et une puissance incroyable. Ce style d’écriture et d’expression favorise la transmission de l’essence de la création : « la scène, comme un lieu de manifestation de la vulnérabilité ». Dans cette pièce d’un peu plus d’une heure, ils nous relèvent les violences qui existent dans les différentes cellules de la société qu’il a observées ou subies. C’est en quelque sorte sa façon de les combattre.
Même s’il s’agit d’une pièce autobiographique, le public ne se sent pas gêné de pénétrer dans une narration très personnelle. Cependant, en écoutant ce récit extrêmement sincère et intimiste, il est difficile de regarder le jeune comédien se glisser sur ses genoux et chanter désespérément My Heart Will Go On de Titanic sans avoir le cœur brisé.
Si The Interrogation n’est pas une pièce très particulière pour les lecteurs ou les fans de l’auteur, elle peut donner en revanche une envie sincère de découvrir les autres œuvres du jeune auteur, qui à 21 ans, a publié son premier roman, désormais traduit dans une vingtaine de langues.
Jingyi Zhang
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