Festival Faits d’hiver 2014
Festival Faits d’hiver |
Du 16 janvier au 15 février 2014
Plus divers que jamais à travers l’Afrique, le Krump, le chant etc., l’édition 2014 interroge, sous toutes ses coutures, la dialectique entre le groupe et l’individu. Quelles forces permettent de passer d’un ensemble de singularités à la cohérence d’une communauté ? Aussi, Faits d’hiver débute en se lançant sur la piste d’un continent où la cohésion est une valeur en soi: L’Afrique ! Souls d’Olivier Dubois est la création phare de cette édition qui en compte pas moins de six. Création phare, car enfant terrible un brin rondelet alterne entre solos ironiques pour lui-même (Pour tout l’or du monde, Rouge) et pièces pour groupes qui questionnent ce qui y reste de l’individu (Révolution, Tragédie). Création phare également en vue de son statut et de son côté imprévisible, voire un brin provocateur. Il prend aujourd’hui les rênes du Centre chorégraphique national de Roubaix. Aussi, une approche classique voudrait qu’il entame une coopération transfrontalière avec la Belgique. Et que se passe-t-il? Son regard s’oriente vers l’Afrique. Le nouveau projet pour Roubaix inclut une coopération avec l’Ecole des Sables de Germaine Acogny, située au sud de Dakar. Fin janvier, Dubois ira à la rencontre de ce public qui est collectivement tombé amoureux de Carolyn Carlson, avec Souls, une pièce pour six garçons de six pays africains différents. Si le titre fait allusion à leurs âmes, c’est justement pour s’interroger sur ce qui les lie entre eux et avec l’Histoire et les mythes. Souls se crée au Tarmac, plaque tournante parisienne de la création dédiée à l’espace de la francophonie. Les mêmes réflexions autour de la communauté concernent les danseurs de Krump, une approche de la danse aussi révoltée qu’individuelle, où les explosions d’énergie cinétique se font si rapides qu’elles défient l’œil humain. Dans Eloge du puissant royaume, Heddy Maalem amène ces danseurs vers une épure graphique et un degré d’abstraction de pure beauté, sans leur arracher leur âme, leur souffle commun. Comme le Hip Hop, le Krump illustre bien ceci : la communauté continue d’exister, à travers une identité partagée, mais elle affiche aussi son impossibilité à se réaliser, contrairement aux danses traditionnelles. Ici, le cercle ne danse pas, il encourage le soliste. La manière dont Maalem dialogue avec le Krump, pour l’amener sur un terrain où les individualités font œuvre commune, est magistrale. Présenter les krumpeurs, qui dansent pour ce qu’ils sont et pas pour devenir professionnels, à la Maison des pratiques artistiques amateurs, est également un choix cohérent. [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=sM74Xsk64Mc[/embedyt] Pas de hasard non plus si Nous d’Anatoli Vlassov est présenté aux Chapiteaux Turbulents! , lieu crée par l’association Turbulences! qui œuvre dans le pratiques artistiques pour personnes atteintes d’autisme et troubles apparentés. Le « Nous » du titre peut alors autant s’adresser à la difficulté chez ces personnes à faire vivre une idée de groupe, qu’à notre lien avec eux. Vlassov a démontré l’énorme qualité poétique et humaine, mais aussi chorégraphique de son travail avec ces neuf autistes performers, quand il les a amenés, en 2012, en finale du concours « Danse élargie » au Théâtre de la Ville. Et tout finira mi-février avec Les Noces, une variation sur Stravinski signée Frédérike Unger & Jérôme Ferron, comme pour relancer autrement la question de la possibilité d’une vie partagée. Faits d’hiver n’est pas seulement un grand rendez-vous de la diversité chorégraphique, mais aussi le principal festival de danse affichant uniquement des adresses parisiennes. Thomas Hahn |
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