Noel Gallagher’s High Flying Birds – Grand Rex
Au fil des ans, Noel Gallagher s’est révélé être le front-man idéal, celui capable de capter l’attention et de mener un concert avec une facilité déconcertante. Plus que cela, le quadragénaire a su développer un sens de la communication dont lui seul a le secret. Amusé, cinglant, drôle, l’aîné de la célèbre fratrie possède les armes pour tenir une scène. Un rôle assumé au Grand Rex et sans sourciller, sûr de son fait.
Balotelli, quelle vie !
Show-man averti mais pas que, Noel n’oublie pas de soigner sa voix sur l’inaugural (It’s Good) To Be Free, perle enfouie au panthéon des meilleures faces B d’Oasis. Après deux rounds d’observation et un Mucky Fingers punchy, le son prend toute son ampleur sur le colossal Everybody’s On The Run. Seul -réel- temps faible du concert, The Good Rebel n’emballe pas vraiment entre des versions appliquées des singles If I Had A Gun et The Death Of You And Me. Rendu apocalyptique par les jeux de lumière, Freaky Teeth sonne ponctuellement la révolte post-punk. Après ce moment fait de rythmiques assassines, Noel reprend sa guitare acoustique, seulement accompagné du fidèle Mark Row pour une version arrangée de Supersonic, reprise par le public.
Après l’accalmie, le NGHFB renfile son costume de machine de guerre avec une version titanesque du génial AKA… What A Life !, dédicacé -à juste titre- au fantasque Mario Balotelli (attaquant de Manchester City). Sur scène, l’alchimie est indéniable et la mécanique bien huilée. Tout de blanc vêtu, Jeremy Stacey (batteur) réagit au moindre mouvement de tête de son leader, tandis que Russell Pritchard (ex Zutons) et Tim Smith font le job avec application. Ingénieux, le collectif pond un Talk Tonight boosté et pioche les bons titres pour rester dans une mouvance auditive cohérente (Soldier Boys And Jesus Freaks, Half The World Away). Et à Stranded On The Wrong Beach de conclure un premier acte de bonne facture.
Oasis, pierre angulaire du show ?
Chauffés progressivement, les spectateurs du Grand Rex sont à point au moment du rappel où sont joués quatre anciens titres. Quand la chanson Whatever est évoquée, toutes les rangées du balcon se lèvent et chantent, comme sur ce Little By Little décidément calibré pour les stades. Crescendo, toutes les âmes s’accordent à mettre de plus en plus de voix jusqu’au final Don’t Look Back In Anger, hymne suprême de toute une génération. En Français, Noel Gallagher remercie poliment la salle et tire sa révérence avec un flegme inimitable.
Certes aidé par un répertoire déjà bien connu du grand public, le NGHFB réussit là où Beady Eye a échoué. Jouer de nouvelles chansons aussi bonnes que les anciennes. La classe elle, est naturelle.
Set list: (It’s Good) To Be Free/ Mucky Fingers/ Everybody’s On The Run/ Dream On/ If I Had A Gun…/ The Good Rebel/ The Death Of You And Me/ Freaky Teeth/ Supersonic/ (I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine/ AKA… What A Life!/ Talk Tonight/ Soldier Boys And Jesus Freaks/ AKA… Broken Arrow/ Half The World Away/ (Stranded On) The Wrong Beach/ Rappel: Whatever/ Little By Little/ The Importance Of Being Idle/ Don’t Look Back In Anger
Olivier Cougot
Noel Gallagher’s High Flying Birds (Sour Mash Records / PIAS)
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