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Entretien avec Vadek : “Dans tous les cas je ne vais pas lâcher”

Corentin Bernard 22 mai 2020
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© Ugo Durand

Vadek est un rappeur issu de la jeune scène nantaise, il nous a livré en 2019 son premier EP Polyvalent. Rencontre avec cet artiste prometteur.

Pourquoi Vadek comme nom de scène ?

J’avais un nom à l’époque du collège, mais il ne collait pas au monde du rap donc j’ai voulu le changer. Du coup j’avais dit plein de mots à la suite jusqu’à tomber sur Vadek et je me suis dit que c’était le bon nom de scène.

Pour ceux qui ne te connaissent pas, comment tu définirais ton rap ?

Pour l’instant c’est de la trap, mais ce que je veux montrer dans le futur c’est la polyvalence, d’où le nom de mon EP Polyvalent. Là j’ai plein de musiques en stock qui sont différentes de ce que j’ai pu faire auparavant, on travaille plus sur mon image pour que les gens puissent me reconnaitre dans ce mouvement.

Quand est-ce que tu as commencé le rap et qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer ?

J’ai toujours baigné dans la musique, petit je faisais du tambour avec des tabourets ! Après j’ai fait de la clarinette, de la batterie et aussi du piano mais ça n’a pas vraiment duré. À la maison on écoutait beaucoup de musique et de styles différents ; j’ai pu découvrir Sergent Garcia, Féfé, Stromae en passant par John Lee Hooker, Brassens, Jacques Brel et beaucoup de jazz. Mais pour le rap, j’ai toujours apprécié ça. Quand j’étais plus jeune j’en écoutais à la Fnac avec les casques sur les bornes et quelques années après j’ai découvert les Grünts avec Nekfeu, Georgio et le Panama Bende. Je reprenais les phases de PLK et je les rappais et je me suis dit pourquoi j’écrirais pas mes textes ? C’est venu comme ça l’envie de rapper.

Faire du rap pour toi tu le vois comme un hobby où c’est une vraie volonté professionnelle ?

Au début c’était un hobby mais un jour j’ai réalisé que l’école c’était pas fait pour moi, et je savais qu’il y avait quelque chose à faire dans la musique. C’était à un moment où je faisais la première partie de Maes, je recevais des cachets, donc à partir de là je me suis mis à la musique très sérieusement. Mais bon après il faut rester réaliste,  donc j’ai travaillé en tant que serveur pendant quelques mois. Tout ça pour te dire que la musique je fais pas ça en hobby, tous les jours j’écoute des prods et je travaille ma musique.

Donc le principal objectif de ta vie, c’est d’être reconnu en tant que rappeur ?

Ouais c’est ça, que ma musique soit reconnue, que je sois considéré comme un artiste à part entière donc que je sois associé à un aucun autre rappeur.

Quels objectifs tu avais quand tu as livré le projet Polyvalent ?

À la base je voulais le sortir le 27 mai, le jour de mon anniversaire, mais c’était beaucoup trop tôt parce qu’on n’avait pas fait de communication. Donc là c’est venue l’idée des freestyles avant PLVT. On n’avait pas vraiment d’attente particulière, en plus j’avais été plutôt dégouté parce que quand c’est sorti il y a eu un problème avec toutes les plateformes de streaming, il a fallu plusieurs jours pour que le projet soit disponible ailleurs que sur Youtube. Mais bon on a quand même fait 100k de streams sur le projet donc je suis plutôt satisfait.

À Nantes tu fais quelque premières parties, comment tu as réussi à faire la première partie de Maes ?

C’est l’équipe de Krumpp, qui organise des concerts à Nantes qui m’a arrangé ça. Après Maes est et venu nous demander si on pouvait lui faire écouter quelques sons, ensuite il s’est mis dans le clip de “Impossible”. Humainement c’est quelqu’un de bien.

Est-ce que tu as un son en particulier pour lequel tu as vraiment réalisé qu’il y avait un engouement ?

Ouais, c’est avec “seize” ; on avait fait 10k en une semaine j’étais vraiment content et c’est à partir de ce moment-là que mon public a commencé à se créer. Je remarque que j’ai une petite communauté mais qu’elle est bien en place.

Tu penses quoi de la scène rap de Nantes ?

Sur la scène nantaise ça fait longtemps finalement que je suis là, donc c’est une scène assez jeune. Je suis vraiment à fond derrière tout ce qui se passe à Nantes mais le souci c’est que les artistes ne s’entraident pas assez ensemble, il y a trop de concurrence. Quand tu regardes à Paris ou aux États-Unis il y a plein d’artistes qui s’envoient de la force, il n’y a pas trop ça à Nantes. Sinon il y a un vrai univers, il faut que ça prenne.

Tu te vois où dans 3 ans ?

C’est loin 3 ans, tout comme c’est bientôt, mais je me vois franchir un cap, maîtriser pas mal de choses, travailler avec d’autres beatmakers, mêmes internationaux si possible. Dans tous les cas je ne vais pas lâcher.

Pour écouter Vadek c’est ici.

Propos recueillis par Corentin Bernard

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