Romain Dumesnil à la croisée des arts et des sciences dans son exposition “Life surplus” à l’Atelier Martel
Peut-on voir l’invisible, sentir l’intangible ou encore expérimenter le vide ? Romain Dumesnil, artiste lauréat du Prix Atelier Martel Jeune Création 2021, nous plonge dans ces interrogations au travers de ses œuvres ; il nous entraîne au cœur d’un univers à la croisée des arts et des sciences dans son exposition Life surplus.
L’exposition s’ouvre sur un sentiment de mystère : des petits êtres fantomatiques, prenant la forme de sphères de mylar recouvertes d’un film plastique transparent, ondulent dans les espaces au gré des déplacements des travailleur·euses. À leurs côtés, deux pierres volcaniques semblent s’attirer, suspendues en l’air sans jamais se toucher, jouant d’une attraction magnétique impalpable et mystérieuse. Rien n’est caché, tout est visible, et pourtant les mécanismes qui permettent aux œuvres d’exister et de s’équilibrer demeurent énigmatiques. À travers un ensemble d’installations, de sculptures et de peintures, l’artiste explore les questions du réel, du naturel et de l’artificiel : le récit du vivant est-il aussi celui de ses objets ?
Romain Dumesnil entretient un rapport singulier aux objets et à la matière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, et opère une rencontre entre des éléments issus d’univers différents qu’il assemble de manière quasi-organique. Si les sphères miroir de l’installation Elevations sont issues d’un processus de production industrielle, elles prennent vie par leur interaction avec l’environnement qui les entoure et les mouvements des passant·es qui les frôlent. À la fois attirantes et inquiétantes, ces sculptures fantomatiques évoluent dans l’espace de travail, opérant une rencontre fortuite entre humains et objets amenés, le temps de l’exposition, à cohabiter et à partager leurs bureaux et salles de réunion.
L’exposition semble alors créer un monde parallèle intangible où se déroule une vie animée par des corps non-humains, évoluant selon leurs propres règles. À l’image d’un paysage de science-fiction, les bureaux de l’agence se transforment en espace de narration où se côtoient figures humaines et hybrides, outils technologiques des architectes et formes minérales suspendues, ondes électroniques et attractions magnétiques. Les frontières se brouillent, les figures en mouvement se confondent. L’espace de l’agence devient un milieu partagé par des entités distinctes qui pourtant se rencontrent : symbiose entre une artificialisation du naturel et une naturalisation de l’industriel, les œuvres de Romain Dumesnil nous invitent à repenser notre rapport au réel et à sa matérialité.
À propos de Romain Dumesnil
Romain Dumesnil est diplômé de l’École des Arts Visuels de Rio de Janeiro (EAV Parque Lage, Brésil) et de Sciences Po (France). Il est co-fondateur de Atomos, artist-run space créé à Rio de Janeiro en 2015.
Ses sculptures, peintures, installations et vidéos explorent le continuum entre le tangible et l’intangible, la matérialité de notre monde et l’invisible des forces élémentaires qui le constituent.
Navigant entre le micro et le macro, jouant des changements d’échelle, Dumesnil développe un intérêt pour l’accidentel en portant une attention particulière aux formes. Sa pratique est, pour lui, à la fois un catalyseur et un agent révélateur des éléments qui contribuent à façonner la réalité mouvante qui nous entoure ; cette dernière se transformant simultanément au contact de nos actions.
“J’imagine une quête ambitieuse qui, loin de se contenter d’objets de rencontre, s’efforcerait de réunir les plus remarquables manifestations des forces élémentaires, anonymes, irresponsables qui, enchevêtrées, composent la nature.”
L’exposition se visite sur rendez-vous, contactez pour cela : c.ruestchmann@ateliermartel.
[Source : communiqué de presse]
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