Exsposition Porosity de Rachel De Joode – galerie Christophe Gaillard
Exposition Porosity Œuvres de Rachel De Joode Du 10 octobre au 15 novembre 2015 Vernissage le 10 octobre de 18h à 21h Entrée libre Galerie Christophe Gaillard |
Du 10 octobre au 15 novembre 2015
Depuis plusieurs années, nous regardons le travail de Rachel de Joode changer d’état. La matière cristallise, gèle, se liquéfie ou s’évapore, elle est en constante évolution. Même s’il naît dans l’atelier, le travail de l’artiste n’y survit pas. Les matériaux sculptés, assemblés de façon éphémère sont pris en photo et donnés à voir sous forme de surfaces imprimées. Cette pratique de la sculpture, ludique voir régressive, tient autant du collage organique ou du patchwork digital que de la greffe de peau. L’étrangeté des formes donne parfois aux œuvres des airs de découvertes scientifiques hors norme mêlant éléments minéraux et molécules inconnues. Le travail de de Joode, résultat d’une alchimie entre la matière brute et le cerveau de l’artiste, s’ausculte et se dissèque ; il est poreux, composé d’interstices, de surfaces abstraites, laissant place au mystère et à l’extra-terrestre. Rachel de Joode est constamment à la recherche de substances crues, de pâtes suintantes ou de choses molles particulièrement photogéniques qu’elle dompte grâce aux outils technologiques à sa disposition. Allant parfois jusqu’au trompe l’œil, ses pièces jouent d’une ambiguïté entre 2D et 3D, entre photographies et objets, qui tend à rendre le réel un peu plus artificiel. Sa forte présence en ligne s’accompagne d’une pratique intensive de documentation et de recherches sur internet qui pousse sans doute Rachel à retrouver une certaine matérialité dans l’atelier. Le contact physique que l’artiste entretient avec les matériaux qu’elle utilise apparaît comme un besoin primaire. Les empreintes digitales, ainsi que les empreintes de corps visibles dans ses pièces témoignent de la présence de l’artiste. Elles rétablissent au passage la notion d’échelle souvent perdue lors de la documentation ou la dissémination de ses images sur internet. Pour sa première exposition personnelle en France, Rachel de Joode présente trois nouveaux corpus d’oeuvres ainsi qu’une vidéo. Les pièces sur socles dont la silhouette pourrait évoquer les roues de bicyclettes de Marcel Duchamp, jouent les œuvres d’art. Ces photographies témoignent d’une conversation entre l’artiste et des matériaux qui lui sont familiers. Aux murs, sont accrochées de grandes impressions numériques aux contours dessinés à main levée qui fonctionnent comme des « palettes » cryptées dont le langage visuel se rapproche sensiblement du hiéroglyphe gestuel ou du rébus. Les sculptures en mousse expansée à échelle humaine, portent les traces du corps de l’artiste qui les a modelées puis peintes. Dans la vidéo, une potion magique visqueuse absorbe des images et des objets, faisant écho à notre consommation intensive de documents en tous genres. Ces nouvelles œuvres sont les acteurs silencieux d’une pièce qui se déroule sous nos yeux. Réalisée en étroit dialogue avec l’artiste, notre scénographie fait subtilement référence à un atelier d’artiste Parisien stylisé tout droit sorti de la fin du XIXè siècle. Mais cet atelier représente avant tout celui de Rachel de Joode où tout se joue et qui reste par ailleurs, le premier lieu d’exposition de son travail. La mise en scène se veut donc théâtrale mettant en lumière l’aspect souvent performatif de la réalisation des pièces de l’artiste. [Crédit visuel : Vue de l’exposition © Rachel De Joode, Courtesy galerie Christophe Gaillard // Source texte : communiqué de presse rédigé par It’s Our Playground] |
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