Tilt! – Théâtre de Poche-Montparnasse
Tilt! De Sébastien Thiéry Mise en scène de Jean-Louis Benoît Avec Sébastien Thiéry et Bruno Solo Jusqu’au 1er mars 2014 Tarifs : 10 à 35 euros Réservations par tél. 01.45.44.50.21 Durée : 1h10 Théâtre de Poche-Montparnasse |
Du 13 décembre 2013 au 1er mars 2014
La pièce est un enchainement de sketches extraits de deux recueils dont Sébastien Thiéry est l’auteur. Loufoque et décalé. Sans ascenseur et Dieu habite Düsseldorf sont les textes publiés à l’Avant-Scène Théâtre qui ont servi de base à Tilt! Les dialogues les plus étranges et comiques en sont tirés et mis en scène dans une continuité réussie. En scène, l’auteur lui-même, Sébastien Thiéry, et Bruno Solo campent les personnages au premier abord banals et inoffensifs qui se révèlent habités par une imagination, des pensées, des rêves et des idées absurdes, mi-figue mi-raisin, inquiétantes autant que drôles, ce toujours sous des airs anodins de père Tranquille. Lun est persuadé d’avoir rencontré Dieu dans un café, ce Dieu n’est autre que Jacques Weber, l’autre vit gentiment avec son père empaillé, l’un ne veut plus adresser la parole à une seule femme, l’autre a pris une chouette pour compagne… Tous deux sont des solitaires esquintés par la vie, qui parlent de leurs amours et leur travail, juste à la limite du désespoir cruel ou de l’humour féroce. La caractéristique de cet univers absurde tient à des situations ou des propos totalement improbables qui sont accomplies et défendues par des personnages ordinaires, sans excentricité et à-priori simples et débonnaires. Jean-Louis Benoît a mis en scène la pièce en un rythme et en un ton modéré et régulier, où chacun prend son temps. Cette franchise et ce calme des personnages fait ressortir l’étrangeté de leurs aveux. L’atmosphère demeure ainsi continuellement en une bizarrerie qui fait rire ou grincer, promenant le spectateur dans la douce folie qui rôde en terrain familier. Les deux comédiens affichent une complicité plaisante et si Sébastien Thiéry dégage une dominante de noirceur, Bruno Solo quant à lui se fait plus souriant, la paire des amis trouvant une complémentarité dans le registre cocasse et insensé. Tantôt on y rit, tantôt on en reste perplexe, cette crête tenue par l’auteur et les interprètes fonctionnant jusqu’au bout ; au final, il est agréable de se sentir placé cocassement devant des aberrations aux apparences les plus aimables. Enfin, il faut souligner que les incursions déjantées d’Antoine Cochin travestie en une aubergiste suscitent des éclairs hilarants. Isabelle Bournat |
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