Le Voleur – film de Louis Malle
Inspiré du roman de l’anticlérical, l’antiparlementaire et l’antimilitaire, Georges Darien, Le Voleur raconte l’histoire de Georges Randal (Jean-Paul Belmondo), devenu voleur par défi envers son oncle et tuteur qui l’a dépouillé, et envers sa cousine Charlotte (Geneviève Bujold) qui l’a délaissé.
Randal pratique l’art de la cambriole tel un artiste ou un poète solitaire hanté par ses démons et dont seul, l’accomplissement de son œuvre lui permet d’exulter. En dérobant des vieillards rapaces, des boutiquiers serviles et des politiciens ronflants, Georges Randal bafoue cette bourgeoisie dont il est issu et qu’il méprise viscéralement.
Outre le roman de Georges Darien et le scénario de Jean-Claude Carrière, il y a un cinéaste caché derrière son héros, qui partage avec lui les mêmes pulsions contradictoires. Georges Randal, c’est Louis Malle. Avec Le Voleur, le réalisateur commet un film par effraction et se plaît à « désosser la carcasse bourgeoise » dont il fait partie. Froid, sombre et amer, Randal l’indifférent influence le style cinématographique de Malle l’exigeant. Le cinéaste, écrasé par la fière silhouette d’un Belmondo remarquable, finit par épouser complètement son personnage, s’identifiant à lui, intégrant son monde, ralliant sa cause.
Le Voleur
De Louis Malle
Avec Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Marie Dubois, Julien Guiomar, Paul Le Person, Françoise Fabian, Marlène Jobert, Bernadette Lafont, Charles Denner et Pierre Etaix
Scénario de Jean-Claude Carrière et Louis Malle
Dialogues de Daniel Boulanger
Directeur de la photographie : Henri Decaë
Direction artistique : Jacques Saulnier
France // 1966 // 2h
En copies neuves au cinéma le 12 octobre 2011
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